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Dernière mise à jour : Mai 2018

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Les plantes vieillissent aussi…et c’est héréditaire !

Silene latifolia
© 4028mdk09 (wikimedia)
C’est inéluctable, les insectes vieillissent, les animaux vieillissent, nous-mêmes vieillissons et ne sommes pas égaux devant ce vieillissement. La question de la senescence, de la dégradation des fonctions, lorsqu’il s’agit de plantes paraît déjà moins évidente. Malgré les représentants du monde végétal comptabilisant plusieurs milliers d’année, des études ont pourtant prouvé que ces derniers vieillissent aussi. Pour autant, est-il utile chez les végétaux de « bien vieillir » ? Et surtout, peuvent-ils transmettre cette caractéristique à leurs descendants ? Autant d’interrogations revêtant un sens tout particulier quand on dessine, en creux, un parallèle avec l’humain…
FMPUJOL

La théorie de l’évolution incite à penser qu’une fois qu’un individu a transmis son patrimoine génétique à la génération suivante, la sélection naturelle n’a alors plus de sens. En effet, celui-ci s’étant reproduit, qu’il vieillisse dans de bonnes conditions ou au contraire décède rapidement, au sens biologique, sa mort n’aura plus qu’un impact mineur sur l‘avenir de la population. La vitesse de dégradation de ses fonctions n’a donc à priori aucune raison d’être contre-sélectionnée. Dans le cas des animaux par exemple, afin d’accélérer le taux de renouvellement et donc l’adaptation de l’espère à son habitat, les individus subissent une sénescence, en particulier sexuelle, plus ou moins rapide impliquant notamment une baisse des capacités à se reproduire avec l’âge. Chez ces derniers, on distingue cependant les lignées de cellules qui formeront le corps, de celles formant les organes destinées à la reproduction… Une distinction qui n’a pas lieu d’être chez les végétaux ! Ils forment ainsi durant toute leur vie, au travers des fleurs, de nouveaux « organes génitaux » à partir des cellules de leur corps. Cette propriété intrinsèque leur a longtemps conféré une apparente résistance à l’évolution de la sénescence… Cependant, bien que constituant une preuve de leur résistance à la sénescence, ceci ne l’empêche pas d’évoluer au travers de plusieurs générations. Si la sénescence existe chez les végétaux, elle pourrait donc très bien évoluer et impacterai au final également leurs capacités à se reproduire…

Les chercheurs du laboratoire EDB (UMR 5174 UPS/CNRS/ENFA) et de l’université de Lausanne se sont posé cette question ainsi que celle de la transmission des capacités à bien vieillir d’une génération de plantes sur l’autre. Pour cela ils ont utilisé une plante pérenne, le « compagnon blanc » (Silene latifolia). A chaque âge et sur 3 générations successives, les chercheurs ont mesuré pied par pied la dimension et le nombre de fleurs… Autant de marques indubitables de la capacité de reproduction de ces plantes qui, prises à différents âges, traduisent leur capacité à bien ou mal vieillir. Les quelques 20988 mesures effectuées révèlent indubitablement que la vitesse de dégradation des fonctions reproductrices, enregistrées lors du vieillissement, se transmet à la génération suivante…

En conclusion, oui, les plantes vieillissent et l’environnement n’est donc pas seul responsable de leur dégradation. Les caractéristiques des fleurs varient avec l’âge et la variabilité génétique augmente avec lui. « Cette augmentation avec l’âge démontre, de manière indirecte mais statistiquement robuste, que la sénescence évolue au même titre que d’autres caractéristiques et qu’elle est donc héréditaire, affirme Benoit Pujol, un des principaux investigateurs de cette avancée avant de conclure « Il existe bien une signature génétique de l’évolution de la sénescence chez les plantes ».

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